Vous ratez beaucoup si vous ne connaissez pas l’effet Pygmalion

Si vous êtes enseignant, thérapeute ou employeur et vous désirez vous impressionner par le comportement favorable (résultats) de vos élèves, vos patients ou vos employés, vous devriez tout connaître sur l’effet Pygmalion. En effet, vos croyances et vos convictions pourront se réaliser comme si elles étaient des vœux dans les contes de fées.

Effet Pygmalion

 Quand on s’attend initialement à de bons résultats et on croit en la possibilité d’atteindre les objectifs définis, on est déjà sûr que la moitié de sa mission est accomplie. Cela ne découle pas de la philosophie et non plus des adages des sages. Basé sur des piliers scientifiques solides en psycho-sociologie, le concept de l’effet Pygmalion acquiert une notoriété appréciable. On doit sa crédibilité à Rosenthal et Lenore Jakobson. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils donné ce nom à leur précieuse découverte ?

D’abord, qui était Pygmalion ?

 Selon la mythologie grecque, il était un sculpteur brillant, il sculpta une statue si belle qu’il en tomba éperdument amoureux. Il s’abstint de boire, de manger, et passait la majorité de son temps à la contempler. Aphrodite, déesse de l’amour, émue par cette passion démesurée concrétisa son rêve et transforma la statue en une femme réelle qui s’appelle Galathée. Une foi incroyable le poussait à admettre que cette statue pourrait devenir une femme qu’il épousa.

Rosenthal et Jakobson 

 Robert Rosenthal (1933) est un psychologue américain professeur à l’université de Californie à Riverside. Leonore Jacobson était directrice d’une école de San Francisco. Pour mettre en évidence le rôle de cet effet dans l’apprentissage scolaire, elle propose à Rosenthal d’effectuer une étude de psychologie expérimentale qui indique l’influence possible des attentes des expérimentateurs, au sein de son établissement sur ses élèves.

L’expérience des rats

D’abord l’expérience a été faite sur des rats sans signes particulaires séparés aléatoirement en deux groupes égaux. On demande à deux groupes d’étudiants de tester la performance des rats en les amenant à traverser un labyrinthe. Rosenthal informe le premier groupe d’expérimentateurs que leurs rats sont doués et spécialement sélectionnés pour leur intelligence supérieure. Ce qui conduit les étudiants à faire en sorte de correspondre parfaitement à la mission qui leur est confiée. Les résultats sont censés être exceptionnels.

Il dit au deuxième groupe que leur chance de réussir est très maigre car les rongeurs qu’ils ont n’ont rien de particulier et sont peu doués pour des raisons génétiques.

Ces notes antérieurement prises ont créé artificiellement des différences entre les deux groupes. Les résultats ont confirmé l’hypothèse du professeur : Les rats soi-disant intelligents sont, au final, beaucoup plus performants que les rats soi-disant idiots.

Etant convaincus qu’ils ont des rats exceptionnels, les étudiants du premier groupe se sont donnés à fond pour être à la hauteur de la mission. Cependant, découragés et démotivés, les étudiants du deuxième groupe n’ont pas eu les mêmes convictions et ne sont pas arrivés à un résultat favorable. Certains rats de ce groupe n’ont même pas franchi la ligne du départ !

L’effet Pygmalion sur les élèves

Effet Pygmalion

Pour confirmer le rôle crucial de cet effet sur les enseignants et les résultats de leurs élèves, cette expérience a été retentée à l’école Oak School, San Francisco, aux États-Unis, par Rosenthal et Lenore Jacobson. On parle de prophéties auto-réalisatrices pour désigner ce processus dans le domaine de la pédagogie en milieu scolaire.

Les enfants des milieux défavorisés réussissent moins bien que les autres à l’école et cela peut être dû aux préjugés de leurs enseignants. En considérant par avance que ces enfants seront en difficulté, ils n’auront pas le même rythme d’apprentissage que leurs camarades excellents. Cela contribuerait à provoquer ces difficultés qui n’étaient que des préjugés injustes.

Rosenthal remet aux enseignants des relevés de notes d’un test de QI qui n’appartiennent pas aux enfants choisis pour l’expérience (certains éléments étaient surévalués). Il fait croire aux enseignants des classes A qu’ils ont des apprenants surdoués alors qu’il persuade les enseignants des classes B que leurs élèves sont ordinaires voire moins performants. A la fin de l’année scolaire, on a recommencé le même test de QI pour comparer les résultats avec ceux du premier test effectué. Comme prévu, les résultats prévisibles se réalisent miraculeusement.

En se reposant sur les résultats artificiels de du premier test QI, les enseignants ont adopté des conduites différentes avec les apprenants. En ayant l’idée qu’un élève possède une caractéristique, ils changent leur propre attitude vis-à-vis à cet élève.

Le comportement des enseignants a amené les apprenants à obtenir ces résultats suffisamment étonnants, ils arrivent à créer un nouveau type d’élèves brillants qui étaient, au début ordinaires et moins bons.

Alors nous pouvons constater que le climat crée par l’enseignant, le temps et l’attention qu’il accorde à l’élève, les opportunités qu’il lui offre pour s’exprimer, la qualité des renforcements (punitions, récompenses, remédiation, soutien) qu’il lui administre sont des éléments à pouvoir colossal qui peuvent construire ou détruire un enfant scolarisé.

résumé de l'effet Pygmalion

Comme vous l’aurez compris, l’influence de l’effet Pygmalion se résumant en transmettre ses attentes en résultats concrets sans se référer aux préjugés défavorables, se voit pleinement dans le comportement d’un sujet. Un maître, un patron doit y croire pour constater le changement significatif de la performance de ses subordonnés. Un exemple de l’influence de cet effet : Un tribunal de Los Angeles a invoqué l’effet Pygmalion pour interdire la répartition des élèves au moyen d’un test d’intelligence.

Certains psycho-sociologues ont mené des études pour analyser le côté non révélé de l’effet Pygmalion. Quels seraient, d’après vous, les aspects paradoxaux négligés par Rosenthal et sa compagnie ?

 

 

 

 

.